
C’est le 14 février 2014, jour de la Saint-Valentin, que Suze Korver (74 ans), se rend à un anniversaire avec son mari Siem. Soudain, elle se sent mal et commence à frissonner. Ils ne suspectent rien de grave, mais décident de rentrer plus tôt. Le lendemain, elle se retrouve aux urgences et tombe dans le coma. Les médecins demandent à son mari de se préparer au pire, mais heureusement, elle peut aujourd’hui nous raconter toute son histoire.
« Mon
monde
s'était
Suze estdevenue handicapée du jour au lendemain
arrêté »
« Vous avez 62 ans, vous êtes en parfaite santé et vous courez deux fois par semaine. Puis, après une soirée sympathique, vous vous réveillez soudainement en vous sentant affreusement mal. À mon réveil, mon mari a dit que je divaguais, alors il a appelé le 112. J’ai été transportée à l’hôpital, toutes sirènes hurlantes », se souvient Suze. Après examen, il s’avère qu’elle souffrait d’une septicémie, une réaction extrême du corps à une infection bactérienne, en l’occurrence des pneumocoques. « Tout le monde porte cette bactérie, mais une réaction aussi grave, c’est juste de la malchance. » En raison d’un manque d’irrigation sanguine, ses membres commencent à nécroser. Suze n’en a pas conscience. « J’ai été dans le coma pendant trois mois. Les médecins ont dit à mon mari : “Prévenez les enfants, car la plupart des gens ne survivent pas à cela.” J’ai été une exception, mais je me suis réveillée avec un handicap grave. Pendant mon coma, on m’a d’abord amputé les jambes, puis les mains. Quand on se réveille, on ne réalise pas tout de suite ce qui s’est passé. »
Un processus de rééducation intense
Après cette attaque bactérienne, un processus de rééducation de plus d’un an commence, durant lequel elle doit apprendre à vivre avec des prothèses. « C’était très dur, car plus rien n’est normal. Votre monde s’arrête. Prendre une douche, s’habiller, aller aux toilettes… Toutes ces choses du quotidien deviennent difficiles avec des prothèses. Mais je donne tout de même un 8/10 à ma vie aujourd’hui ! Les gens autour de moi, y compris mon mari, m’aident énormément. Et mon vélo me procure énormément de joie », déclare Suze. Les premiers mètres sur un tricycle lui ont donné envie d’en faire plus. « Après ma rééducation, j’ai fait un essai sur un Easy Rider chez vanRaam, et j’aurais aimé l’emporter chez moi immédiatement », se souvient-elle. « Finalement, j’ai fait installer des repose-pieds supplémentaires pour que mes prothèses ne glissent pas pendant que je pédale. Et pour moi, la fonction de marche arrière automatique est très pratique. »
Une pratique quotidienne
Suze utilise désormais son vélo tous les jours. « Ce qui est étrange, c’est que je ne le faisais pas vraiment avant. Je travaillais assez près de chez moi, mais je prenais rarement mon vélo. Il est entré dans ma vie par nécessité, mais j’en suis si heureuse. C’est merveilleux de sortir prendre l’air, de pédaler en forêt. C’est un pur bonheur », conclut-elle avec enthousiasme. « Quand on est en bonne santé, on prend tout pour acquis. Maintenant, quand je fais du vélo, je me dis que c’est merveilleux de pouvoir encore le faire ». ■
« Après mon essai, j’aurais aimé emporter l’Easy Rider chez moi immédiatement »
